Best of – At The Drive In en 10 titres et pas un de plus

At The Drive In n’est pas passé de l’underground aux étoiles en un jour. Apparu en 1993, c’est seulement à la sortie de ‘In Casino Out’ en 1998 que le groupe texan a commencé à se faire un nom outre Atlantique, d’abord auprès des aficionados de post hardcore. Enregistré en quatre jours dans des conditions live et sans efforts de production superflus, ce deuxième album allait au mieux représenter l’incroyable énergie live de ses géniteurs, et les pousser dans d’harassantes tournées, seulement interrompues un an plus tard, le temps d’immortaliser les nouvelles compositions qui feront l’excellent mini-album ‘Vaya’.

Alors porté par sa popularité, le quintet croise le fer avec Jimmy Eat World et les Get Up Kids – tous deux sur le petit nuage de l’émo à l’époque – ouvre pour Rage Against The Machine, puis se lance dans la composition d’un album appelé à faire date. Produit par Ross Robinson, ‘Relationship of Command’ voit le jour en 2000 et fait parler sa foudre jusque sur un grand nombre de plateaux télé qui seront, pour At The Drive In, l’opportunité de dévoiler à un très large public son infaillible réputation live (voir la vidéo chez Jools Holland ci-dessous).

Malgré sa musique sans concession, At The Drive In rejoint désormais un cercle que certains qualifient de mainstream. Pris dans l’engrenage du succès, des tournées sans fin, et alors que des velléités artistiques différentes surgissent entre les membres, le groupe finit par craquer, aussi bien physiquement que mentalement, et donne son dernier concert en février 2001 à Groningen. Rapidement, et alors que les autres membres poursuivent dans la voie du rock alternatif au sein de Sparta, Bixler et Rodriguez se remettent au travail au sein du projet dub DeFacto, puis fondent The Mars Volta, appelé à être un des groupes de rock progressif les plus marquants des années 2000.

C’est dans une tornade de reformations qu’At The Drive In se reforme en 2012, invité notamment par le festival Coachella, habitué à faire renaître les monuments musicaux de leurs cendres. Au même moment, les albums sont réédités, mais les piètres prestations du groupe entachent un retour pourtant immensément attendu. Méconnaissable à ce moment-là, Omar Rodriguez – endeuillé par le récent décès de sa mère – est pointé du doigt avant d’expliquer que, dix ans étant passés, il ne se sentait plus vraiment connecté à la musique du groupe.

Quatre ans plus tard, tout a pourtant bien changé. Le 20 janvier dernier, At The Drive In postait un mystérieux teaser sur son site et ses réseaux sociaux, annonçant une grande nouvelle pour le lendemain : un retour sur scène à l’occasion d’une tournée mondiale qui passera notamment par Paris (Le Trianon) le 29 mars prochain, mais aussi la promesse faite aux fans d’enregistrer de nouveaux morceaux. Deux événements qui laissent penser que tous les membres du groupe ont finalement trouvé un terrain d’entente pour ressusciter la bête pour de bon.

Il reste donc quelques semaines aux salles pour réviser leurs fondations, et aux fans pour parcourir de nouveau la discographie d’un des groupes post hardcore les plus influents, notamment cet indétrônable ‘Relationship of Command’ considéré aujourd’hui comme un des albums rock les plus indispensables des années 2000. Ça tombe bien, on vous refait l’histoire en dix titres. Et pas un de plus.

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