Playlists – L’electronica à tous les temps

Playlists – L’electronica à tous les temps

Comme beaucoup de genres musicaux avant lui, l’electronica – parfois appelée IDM (Intelligent Dance Music), terme plutôt embarrassant et souvent réfuté par les artistes eux-mêmes car trop dédaigneux et élitiste – est apparue en réaction à la lassitude ressentie par nombre de producteurs ne se retrouvant plus dans la house et la techno qui agitèrent les années 80 avant d’être récupérées par l’affreuse eurodance. Plus avides d’expérimentations, nombre d’entre eux optaient alors pour une plus grande complexité, jusqu’à inaugurer une nouvelle génération d’artistes en devenir. Parmi eux, Aphex Twin ou Autechre (photo ci-dessous), bien décidés à ne plus céder à la facilité des mélodies et des rythmes accessibles.

Par son approche totalement axée sur la recherche musicale, l’electronica ouvrait alors tout le champs des possibles à la musique électronique. D’un coup, il était possible de ne plus respecter les temps, de changer d’ambiance à volonté au sein d’un même morceau, d’envoyer valser les mélodies, d’ériger des atmosphères bruitistes pour mieux les détruire à la mesure suivante, de trifouiller les machines jusqu’à l’accident bienfaiteur ou à l’erreur contribuant à l’identité musicale de son auteur.

Tant d’inspiration et de nouveautés ne pouvaient pas laisser trop longtemps les labels indifférents. Niché dans l’ombre, à Sheffield, Warp fut le premier d’entre eux à saisir la brèche et à en devenir l’ambassadeur, dès 1992 à la sortie de la compilation Artificial Intelligence que beaucoup considèrent comme le point de départ de ce mouvement créatif. Au même moment, Aphex Twin en faisait de même en créant Rephlex Records, tandis que Ninja Tune ou Mo’Wax élargissaient le spectre en défendant une approche plus abstract hip hop que leurs aînés. Plus tard, BPitch Control, Astralwerks, Skam, Planet Mu ou Mille Plateaux contribuaient eux aussi à passer le flambeau d’une approche cérébrale et avant gardiste de la musique électronique, construisant naturellement des passerelles vers une multitude d’influences, jusqu’à faire tâche d’huile et s’éloigner considérablement de son noyau.

En effet, portés par leur désir de changement et poussés par l’envie d’aller se frotter à d’autres terrains de jeux, certains représentants de l’electronica n’ont pas hésité à sauter le pas en laissant de plus en plus de place à de nouvelles sonorités. A l’image de ceux partis côtoyer le hip hop, d’autres ont plus volontiers décidé de flirter avec le dubstep, le grime, le post rock ou la folktronica, contribuant ainsi à la dilution progressive d’un genre qui, s’il continue de se montrer très prolifique, est devenu de plus en plus difficile à étiqueter.

Censée englober une musique électronique que l’on peut écouter avec le même plaisir en club, qu’affalé dans son canapé, l’electronica – devenue plus globalement une démarche créative qu’un véritable genre musical – voit ici son histoire retracée par le biais de ses représentants les plus emblématiques et ambitieux. Puisque vous n’êtes sûrement pas armés de votre ordinateur sur le dancefloor, Mowno vous propose de vous enfoncer confortablement dans l’épaisseur de votre sofa, et de replonger dans l’histoire de ce qu’Aphex Twin, lassé par le débat de l’appellation, a décidé de baptiser braindance. Pas plus mal.

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