Playlists – Le krautrock à tous les temps

C’est quoi le kraut ? Une question à laquelle il est bien difficile de répondre sans rentrer dans le détail. Souvent sortie de la bouche d’un journaliste en quête de classification, ou des nombreux artistes qui s’en réclament, la  Kosmische musik est plus qu’un genre : le terme englobe une scène, celle du rock allemand des années 70, développée en marge du psychédélisme, du pop art, et d’importants mouvements de contestation ayant secoué l’Europe à la fin des années 60. A sa tête, quelques musiciens influencés par la démarche de Karlheinz Stockhausen, tous indirectement chargés de forger une nouvelle identité à un pays sali par les générations qui les ont précédées. Pas franchement inspirés par ce qui pouvait sonner de l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique, ni par leur folklore local, une bonne partie d’entre eux se sont mis à composer en occultant toute influence extérieure, en privilégiant la répétition, l’expérimentation, les sonorités cosmiques étalées au fil de longues compositions, électroniques le plus souvent.

Sous l’impulsion de précurseurs comme Klaus Schulze, de ses Tangerine Dream et Ash Ra Tempel, une marque de fabrique était née, et la génération des Can, Cluster, Faust et Neu! sur de bons rails. En allant du free rock (pour Amon Düll) à la musique électronique (pour Kraftwerk) en passant par le psychédélisme, tous provoquèrent une petite révolution musicale qui, pendant des décennies, allait permettre à l’Allemagne d’exister musicalement, puis de se retrouver ingurgitée et recrachée par une multitude de groupes attirés par l’aspect répétitif, mécanique, hypnotique et tourbillonnant du ‘genre’, quand ce n’était pas tout simplement pour son approche à la fois avant gardiste et anti conformiste.

Ainsi, depuis son apparition et sa véritable reconnaissance mondiale durant les années 80 et 90, innombrables sont les groupes – ambient, post rock et new age surtout – ayant revendiqué son importance. A l’image de David Bowie ou de P.I.L, de Deerhunter, Stereolab, The Fall, Radiohead, Joy Division, My Bloody Valentine, ou de Tortoise, aucun monument de la musique des 50 dernières années n’a pu échapper au krautrock. Et le phénomène ne faiblit toujours pas. Aujourd’hui encore, le genre est plus que jamais d’actualité : Kraftwerk n’est pas mort, les rééditions s’enchaînent pour le bonheur de mélomanes trop jeunes pour s’être imprégnés d’albums essentiels, tandis que certains nouveaux ambassadeurs revendiquent haut et fort son héritage, qu’ils s’y adonnent totalement ou en saupoudrent seulement leur registre.

Le temps de 50 titres répartis en deux playlists, les pères et les fils s’affrontent en l’honneur du Saint Krautrock, chacun témoins de la grande (et parfois surprenante) diversité d’une nébuleuse musicale peut-être pas totalement explorée encore.

Pour ceux désireux d’en savoir plus, l’intégralité du livre ‘Krautrocksampler’ de Julian Cope, se lit en suivant ce lien.

KRAUTROCK – Les pères…

KRAUTROCK – Les fils…

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